CONCERTINO POUR FLÛTE ET PIANO AVEC ORCHESTRE À CORDES, HARPE ET TIMBALES

Avec Sibel Pensel

Musiciens

Sibel Pensel

Flûte

Léo Pensel

Piano

Margaret Harmer

Percussion

Blandine Pigaglio

Harpe

 Présentation

Le Concertino pour flûte, piano et orchestre à cordes de Germaine Tailleferre constitue l’une des œuvres les plus raffinées de son catalogue. Écrit dans une période de maturité, il illustre parfaitement les qualités qui caractérisent son langage musical : la clarté de l’écriture, l’élégance des lignes mélodiques, la vivacité rythmique et un goût prononcé pour la transparence orchestrale. Tailleferre affirme dans cette œuvre une personnalité originale, loin du romantisme démonstratif.

Programme

  • G. Tailleferre, Concertino pour flûte, piano et orchestre à cordes, Op. 35 (1952)

concert0 17 minutes

UNE OEUVRE RARE, SAUVÉE DE LA DISPARITION

Le Concertino pour flûte, piano et orchestre à cordes, harpe et timbales a une histoire singulière : écrit en janvier 1952 à la demande de la comtesse Lili Pastré (1891 – 1974), il est créé le 27 Janvier 1953 par Jean-Pierre Rampal, Robert VeyronLacroix et l’orchestre de la Radio-Diffusion Française sous la direction de Richard Blarea.
Curieusement, les parties solistes ainsi que la partition du chef d’orchestre, toutes manuscrites, disparaissent après cette exécution, si bien que l’oeuvre ne pourra jamais être publiée.
Une version est néanmoins proposée en 1997 par les Éditions Billaudot, propriétaires de l’œuvre, basée sur une retranscription des parties de solistes faite par Désiré Dondeyne d’après la bande radio existante. Cette bande étant d’une qualité très médiocre, la transcription ne pouvait pas traduire de manière exacte l’oeuvre originale. De plus, les interprètes avaient ignoré le deuxième mouvement Intermezzo au cours de la création.
C’est seulement en 2002, grâce au flûtiste Jacques Castagner qui possédait ces précieuses partitions et qui les céda peu de temps avant sa mort à l’éditeur, que la présente édition a pu être établie.

UNE FORMATION MUSICALE MOUVANTE

L’oeuvre a été composée d’abord de manière réduite pour 2 pianos et flûte, le deuxième piano jouant ce qui deviendra la partie d’orchestre. L’orchestration date de février 1952 et comporte plusieurs ajouts.
Le deuxième mouvement (le fameux Intermezzo) est la transcription et l’orchestration d’une pièce antérieure pour flûte et piano faite par la compositrice au moment où elle finalisait l’oeuvre. La réduction d’orchestre n’ayant pas été établie par elle-même, celle que nous jouerons est celle de Désiré Dondeyne.
Dans le quatrième mouvement, la compositrice a initialement écrit une partie de piano soliste avec accompagnement du 2° piano. Lorsqu’elle a orchestré l’œuvre, Germaine Tailleferre a fusionné les deux matériaux musicaux pour ne garder qu’une partie d’orchestre plus riche, faisant disparaître ainsi la partie du piano soliste.
Dans la partie d’orchestre, mais aussi dans les parties séparées, beaucoup d’indications ont été portées par les interprètes et en particulier par le chef d’orchestre. Dans l’enregistrement laissé par les deux créateurs, quelques modifications ont été apportées par Jean-Pierre Rampal dans la partie de flûte, que nous proposerons. L’ensemble des nuances ainsi que les indications de tempo et de caractère sont puisés dans les deux sources à notre disposition (réduction et orchestration).
Enfin, les mouvements métronomiques on été rajoutés sur le manuscrit de l’oeuvre à l’occasion de la première exécution. Cependant, il n’est pas possible de savoir s’ils sont du fait de la compositrice ou des interprètes, laissant place à une certaine interprétation dans les interprétations futures. Les voici à titre indicatif :
I. Pastorale : ♩= 112 / 120
II. Intermezzo :♩= 104
III. Nocturne : ♩= 54 / 60
IV. Rondo : ♩= 126

Originalité du projet

Sur le plan du langage musical, le Concertino s’inscrit dans une esthétique néoclassique. Les formes sont clairement dessinées, les phrases équilibrées et les développements volontairement concis. On y retrouve une harmonie essentiellement tonale, enrichie de modulations subtiles, de dissonances passagères et de couleurs modales qui apportent fraîcheur et modernité sans rompre l’impression générale de stabilité. Cette alliance entre tradition et innovation constitue l’une des signatures les plus caractéristiques de Tailleferre.

Programmer le Concertino pour flûte, piano et orchestre à cordes de Germaine Tailleferre constitue un choix qui s’inscrit à la croisée de plusieurs enjeux artistiques : la redécouverte du patrimoine musical français du XXᵉ siècle, la diversification du répertoire concertant et la mise en valeur d’une œuvre rarement donnée en concert. La partition originale, longtemps considérée comme perdue, n’a été retrouvée qu’au début des années 2000, permettant l’établissement d’une nouvelle édition critique par Philippe Bernold pour les Éditions Gérard Billaudot. Cette histoire éditoriale explique en partie la diffusion limitée de l’œuvre pendant plusieurs décennies.

Cette relative confidentialité contraste avec la place occupée par Germaine Tailleferre dans l’histoire de la musique française. Seule femme du Groupe des Six, elle développe une esthétique portée sur les formes resserrées, la lisibilité des textures, l’économie des moyens et une certaine distance à l’égard du lyrisme démonstratif.

Le Concertino appartient à la dernière grande période créatrice de la compositrice. Contrairement à une partie de la production européenne des années 1950, marquée par l’essor du sérialisme intégral autour de Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen ou Luigi Nono, Tailleferre poursuit une écriture fondée sur la tonalité élargie, les formes classiques et la continuité mélodique. Ce positionnement esthétique ne relève pas d’un conservatisme mais d’une fidélité à un langage développé dès les années 1920 et qui caractérise l’ensemble de son œuvre.

La spécificité du Concertino tient également à son instrumentation. L’association de deux solistes – flûte et piano – avec un orchestre à cordes complété par la harpe et les timbales est peu fréquente dans le répertoire français.
Le découpage en quatre mouvements – Pastorale, Intermezzo, Nocturne et Finale – renvoie explicitement à une succession de caractères plutôt qu’à une architecture symphonique de grande dimension.

Programmer le Concertino permet également de le replacer dans l’histoire de la flûte française du XXᵉ siècle. Cette programmation répond ainsi à plusieurs objectifs complémentaires. Elle contribue à diffuser une partition dont la circulation a longtemps été limitée par son histoire éditoriale ; elle replace Germaine Tailleferre dans le paysage musical français du XXᵉ siècle au-delà de son appartenance au Groupe des Six ; elle met en perspective une autre conception du concerto, fondée sur le dialogue instrumental plutôt que sur la virtuosité spectaculaire ; enfin, elle offre un éclairage sur le répertoire composé autour de Jean-Pierre Rampal au moment où la flûte française acquiert une visibilité internationale. L’intérêt de cette œuvre réside donc autant dans sa valeur historique que dans la place qu’elle occupe à l’intersection de plusieurs histoires : celle du néoclassicisme français, celle du répertoire pour flûte et celle de la redécouverte actuelle des compositrices du XXᵉ siècle.

Lien avec l’identité du Golden Flute Classic et/ou du label „Signature Genève 2027“

Le projet Concertino pour flûte et piano avec orchestre à cordes, harpe et timbales de Germaine Tailleferre s’inscrit dans l’identité du label « Signature Genève 2027 » en ancrant la flûte au cœur d’une proposition artistique ambitieuse, fidèle à l’exigence d’excellence et d’ouverture portée par le festival. Le Concertino est une œuvre rare du répertoire qui met en avant la flûte dans un dialogue raffiné avec un orchestre à cordes, enrichi par la harpe et les timbales.

Avec une dimension pluridisciplinaire, où les percussions et la harpe participent pleinement au discours musical, notre projet valorise également la création féminine en faisant découvrir l’œuvre d’une compositrice majeure du XXᵉ siècle, contribuant à sa meilleure représentation dans la programmation.

Ancré dans le territoire genevois, il réunit des acteurs locaux, que ce soit des interprètes, partenaires artistiques et structures culturelles, autour d’un projet fédérateur qui met en lumière l’excellence de plusieurs musicien.ne.s de la région.

Par son exigence artistique, son intérêt historique dans l’évolution de l’écriture musicale flûtistique, son engagement en faveur de la diversité des répertoires et sa collaboration avec des actrices et acteurs locaux, ce concert répond pleinement à l’esprit de rencontre, de transmission et d’innovation défendu par le Golden Flute Classic « Signature Genève 2027 ».

biographies

Léo Pensel

Léo Pensel, pianiste soliste et chambriste franco-turc, se distingue par une carrière artistique éclectique, mêlant répertoires classiques, modernes et contemporains.
Titulaire d’un Master de Piano du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon et d’un Master de Pédagogie de la Haute Ecole de Musique de Genève, il poursuit actuellement un doctorat de Recherche & Interprétation Piano au CNSM de Lyon. Il enseigne en tant que professeur de piano à l’Institut Jaques-Dalcroze à Genève et au Conservatoire Populaire de Musique de Genève. Il est paralèllement co-directeur du Concours International de Flûte Maxence Larrieu Nice.

Sibel Pensel

Soliste internationale et pédagogue renommée, Sibel Pensel donne des master-classes et des concerts dans de nombreux pays comme la Chine, le Japon, la Corée, le Brésil, l’Equateur, le Cuba, la Russie et États-Unis.

Elle est invitée régulièrement aux jurys des Conservatoires Supérieurs et des grands concours internationaux de flûtes comme International Nicolet Flute Compétition (Chine), International Biwako Flute Competition (Japon), Berliner International Music Competition (Allemagne), E. Towarnicki Competition (Pologne).Plusieurs compositeurs ont écrit des œuvres pour Sibel Pensel, qui figurent parmi les pièces les plus importantes du répertoire.
Elle enregistre de nombreux CD sous le Label Chant de Linos.

Présidente de l’association « À Travers la Flûte » elle organise des festivals, des master-class, des concours, et le Concours International de Flûte Maxence Larrieu.
Professeure au Conservatoire de Nice et au Cursus de la Licence de l’Université Côte d’Azur ainsi qu’à l’Ecole Normale de Musique de Paris, Sibel Pensel a été décorée par la Société d’Encouragement au Progrès en 2016 à l’Ecole Militaire de Paris.
Artiste de Miyazawa Flutes, Sibel Pensel joue sur une flûte Miyazawa en or.

Margaret Harmer

Margaret Harmer est une artiste et musicienne vivant à Genève, où elle enseigne la percussion et la musique électronique. Elle joue régulièrement dans différents ensembles de musique classique et ancienne et dans un groupe de jazz, le Lemon Soul Trio. Elle détient un diplôme de capacité professionnelle de percussion et un diplôme de maître de musique de la Haute Ecole de Musique à Genève. Elle a aussi obtenu un certificat de production musicale à Berklee en 2013. Elle a créé son propre studio d’enregistrement et label: Shiftingwaves.

Blandine Pigaglio

Diplômée d’un Master de Pédagogie à la Haute École de Musique de Lausanne, la harpiste Blandine Pigaglio a une formation éclectique. Originaire d’Avignon, elle parcourt l’Europe pour se perfectionner : après une médaille d’Or à 15 ans, suivie d’un diplôme de Concert, d’une licence au Conservatoire Supérieur Musikene en Espagne avec Frédérique Cambreling et d’un Erasmus au Pôle Supérieur de Paris, c’est en Suisse qu’elle obtient un Prix spécial pour son récital de fin d’études, dans la classe de Letizia Belmondo. Un esprit d’ouverture parcourt son cursus: elle navigue entre le jazz, l’improvisation, la musique folk, la musique contemporaine et la recherche en musique ancienne. Elle est actuellement professeur de harpe au Conservatoire Populaire de Genève (CPMDT) et enseigne également dans la région lausannoise. Avec ses élèves, elle aime créer des spectacles musicaux, tels que «Baroque-Flamenco » ou des stages interdisciplinaires, tels que« La Traversée de la Forêt Enchantée », avec l’association À Travers Sons dont elle est membre fondatrice. Son intérêt didactique pour le mariage des arts sur scène anime également sa vie de concertiste. Outre des collaborations avec des orchestres et ensembles contemporains, elle privilégie la musique de chambre au sein de divers groupes, dont le duo Harpes En Scène et le Trio Pigaglio, flûte, violon et harpe, avec ses sœurs. Ensembles, elles enregistrent deux CD et organisent des stages de musique de chambre dans leur Provence natale. Soucieuse de renouveler la forme du concert, Blandine cherche à dynamiser l’image de la harpe et à rendre la musique accessible à tous, par des représentations originales et un enseignement créatif.

 

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